Certificat Q18 : ce que votre assureur exige vraiment

  • 3 août 2026
  • Nicolas Belliard
  • 8 min read
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L’essentiel à retenir : le certificat Q18 est un compte rendu de vérification de vos installations électriques, axé sur le risque d’incendie et d’explosion d’origine électrique. Il répond au référentiel APSAD D18 et se fait par un organisme agréé par le CNPP. Point décisif que peu de gens comprennent : le Q18 n’est pas imposé par la réglementation, il est imposé par votre contrat d’assurance. C’est ce qui change tout en cas de sinistre.

Obligation réglementaire ou obligation contractuelle ?

C’est la confusion la plus coûteuse du sujet. Le Code du travail impose déjà des vérifications périodiques de vos installations électriques, réalisées par un organisme accrédité. Le Q18, lui, s’ajoute à ces contrôles sans les remplacer.

Sa source n’est pas la loi mais le référentiel APSAD, édicté par les assureurs eux-mêmes. Concrètement, aucun texte ne vous oblige à détenir un Q18. En revanche, si votre police d’assurance en fait une condition de garantie, alors il devient obligatoire pour vous, et son absence se paie au moment du sinistre, pas au moment du contrôle.

Ce qu’il faut vérifier dans votre contrat : cherchez les mentions « conditions de garantie », « mesures de prévention » ou « prescriptions particulières ». C’est là que figure l’exigence de Q18, sa périodicité et parfois le délai de levée des réserves. Beaucoup de dirigeants découvrent cette clause après l’incendie.

Q4, Q18, Q19, N4 : le tableau qui remet tout en ordre

Ces sigles APSAD se ressemblent et désignent des choses très différentes. Voici ce que chacun couvre réellement.

Sigle Sur quoi il porte À quel moment Ce que l’assureur en fait
N4 Installation d’extincteurs mobiles À la mise en place Atteste que l’installation a été faite dans les règles
Q4 Vérification périodique des extincteurs Périodique Prouve que vos moyens de secours restent opérationnels
Q18 Installations électriques, risque incendie et explosion Généralement annuel Condition de garantie fréquente en multirisque professionnelle
Q19 Installations électriques par thermographie infrarouge Périodique, souvent annuel Complète le Q18 en détectant les échauffements sous tension

Retenez la logique : la lettre N vise l’installation, la lettre Q vise la vérification dans la durée. Et le numéro désigne le domaine : 4 pour les extincteurs, 18 et 19 pour l’électricité. Si le sujet des extincteurs vous concerne, notre guide du certificat Q4 détaille cette partie.

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Ce que le Q18 contrôle exactement

Depuis 2014, le périmètre a été élargi : le Q18 couvre désormais l’ensemble des installations électriques du bâtiment, et plus seulement les locaux à risque d’incendie. Le vérificateur traque les défauts susceptibles de déclencher un feu.

  • Les échauffements anormaux sur les connexions et les tableaux
  • Les défauts d’isolement et les matériels détériorés
  • Les matériels non conformes ou installés hors de leur domaine d’emploi
  • Les rallonges et installations provisoires devenues permanentes, un grand classique

Le rapport liste les anomalies constatées. C’est ce document, et surtout la levée des réserves qu’il déclenche, que votre assureur regardera.

Ce que vous risquez sans Q18 en cas d’incendie

Si le certificat est une condition de garantie inscrite dans votre police et que vous ne l’avez pas, l’assureur peut, selon les clauses de votre contrat, opposer une déchéance de garantie ou réduire son indemnisation. Sur un sinistre incendie, l’écart se compte rarement en centaines d’euros.

Le cas le plus fréquent n’est d’ailleurs pas l’absence pure et simple de Q18. C’est le Q18 réalisé, assorti de réserves, et jamais suivi de travaux. Le rapport devient alors une pièce à charge : il prouve que vous connaissiez le défaut. Faire contrôler sans corriger est parfois pire que de ne rien faire.

Locataire ou propriétaire : qui doit fournir le Q18 ?

Il n’existe pas de réponse universelle, et c’est précisément là que les litiges naissent. La répartition dépend de deux documents : le bail, qui répartit les obligations d’entretien entre bailleur et preneur, et la police d’assurance, qui désigne qui doit produire le certificat.

En pratique, les installations fixes du bâtiment relèvent souvent du propriétaire, tandis que les installations propres à l’exploitation, machines et équipements ajoutés par l’occupant, relèvent du locataire. Mais un bail commercial peut transférer l’ensemble au preneur. Faites relire les deux documents ensemble : c’est le seul moyen d’éviter que chacun compte sur l’autre.

Questions fréquentes

Le certificat Q18 est-il obligatoire ?

Pas au sens réglementaire : aucun texte ne l’impose. Il découle du référentiel APSAD D18 établi par les assureurs. Il devient obligatoire pour vous dès lors que votre contrat d’assurance en fait une condition de garantie, ce qui est fréquent en multirisque professionnelle.

Qui peut délivrer un certificat Q18 ?

Un organisme de vérification agréé par le CNPP, le Centre national de prévention et de protection. Les grands bureaux de contrôle proposent cette prestation. Votre courtier n’émet pas le certificat : il vérifie ce que votre contrat exige et négocie les conditions.

À quelle fréquence faut-il le renouveler ?

La périodicité est le plus souvent annuelle, mais c’est votre contrat qui fixe la règle. Certains assureurs acceptent une périodicité différente selon l’activité et le niveau de risque du site.

Quelle différence entre Q18 et Q19 ?

Le Q18 contrôle la conformité globale de l’installation. Le Q19 repose sur la thermographie infrarouge et détecte les échauffements pendant que l’installation fonctionne. Ils sont complémentaires : certains contrats exigent les deux.

Mon assureur peut-il refuser d’indemniser sans Q18 ?

Si le certificat figure comme condition de garantie dans votre police et qu’il manque, l’assureur peut opposer une déchéance ou réduire son indemnisation, selon les clauses. C’est pour cette raison qu’il faut lire cette partie du contrat avant le sinistre, pas après.

Sources : référentiel APSAD D18 et agréments CNPP ; obligations de vérification périodique des installations électriques prévues par le Code du travail.

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