Protection sociale des professionnels de santé libéraux

  • 20 septembre 2026
  • Thomas Deguilhaume
  • 14 min read

Publié le ·Mis à jour le

L’essentiel à retenir : Protection sociale des professionnels de santé libéraux

sur la protection sociale des professionnels de santé libéraux : votre caisse ne verse rien pendant les 90 premiers jours d’arrêt de travail, puis un forfait déconnecté de vos revenus réels. Un chirurgien-dentiste perçoit 113,22 € par jour, une sage-femme 49,70 €, un pharmacien zéro. La prévoyance sert à combler cet écart, et le montant à assurer se calcule à partir de vos charges qui, elles, continuent de tomber.

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Question 1 sur 3

A partir de quel jour d'arret votre caisse commence-t-elle a verser ?

Vous soignez à longueur de journée. Votre propre couverture, elle, tient souvent en une ligne : celle de votre caisse obligatoire. Tant que rien n’arrive, le sujet peut attendre. Un lumbago, une chirurgie de l’épaule, un burn-out, et l’écart entre ce que vous encaissiez et ce que vous touchez devient brutal.

Combien toucheriez-vous si vous vous arrêtiez demain ?

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Protection sociale des professionnels de santé libéraux : ce que verse votre caisse en cas d’arrêt

Votre régime obligatoire ne prend le relais qu’au 91e jour d’arrêt, et sur un forfait. Entre le 4e et le 90e jour, seule l’Assurance Maladie intervient, à hauteur de la moitié de vos revenus moyens des trois dernières années, dans la limite de 197,51 € par jour en 2026. Passé ce cap, votre caisse professionnelle prend la suite avec des montants qui n’ont plus grand-chose à voir avec ce que vous gagnez.

Protection sociale des professionnels de santé libéraux : praticienne consultant son relevé de caisse à Rennes
Caisse Professions concernées Versement à partir de Montant journalier Durée maximale
CARMF Médecins 91e jour 65,84 € si revenus jusqu’à 48 060 €, 1/730e des revenus entre 48 060 et 144 179 €, 197,51 € au-delà 36 mois
CARPIMKO Infirmiers, kinés, orthophonistes, orthoptistes, pédicures-podologues 91e jour 55,44 €, majoré de 8,06 € par enfant à charge Fin de la 3e année
CARCDSF Chirurgiens-dentistes 91e jour 113,22 € 3 ans
CARCDSF Sages-femmes 91e jour 49,70 € 3 ans
CAVP Pharmaciens, biologistes Aucun versement 0 € Sans objet

Sources : CARMF, CARPIMKO et CARCDSF, montants en vigueur en 2026.

Lisez la dernière ligne. La CAVP l’écrit elle-même : elle n’intervient aucunement dans le versement des indemnités journalières. Un titulaire d’officine arrêté six mois ne perçoit donc plus rien à compter du 91e jour, sauf s’il a souscrit un contrat privé.

Définition : indemnité journalière (IJ)

Somme versée chaque jour d’arrêt pour compenser une perte de revenus. Elle peut être forfaitaire, comme à la CARPIMKO, ou proportionnelle au revenu déclaré, comme à la CARMF en tranche intermédiaire. Le régime général et les régimes des libéraux sont décrits sur service-public.fr.

Les trois trous que la prévoyance doit combler

Un contrat sérieux couvre trois événements, jamais un seul. L’arrêt de travail temporaire, l’invalidité permanente, le décès. Chacun se chiffre séparément, et c’est là que les contrats se ressemblent le moins.

L’arrêt de travail. C’est le risque le plus fréquent et le plus coûteux. Vos charges continuent : loyer du cabinet, crédit du matériel, secrétariat, cotisations. Une garantie frais généraux prend le relais sur ces postes, indépendamment de l’indemnité qui compense votre revenu personnel.

L’invalidité. La question n’est pas de savoir si vous êtes invalide au sens général, mais si vous pouvez encore exercer votre métier. Un kinésithérapeute avec une épaule détruite reste apte à un travail de bureau. Selon la définition retenue au contrat, il touche une rente pleine ou rien du tout.

Le décès. Le capital versé à vos proches, la rente éducation pour les enfants, la rente de conjoint. Sur ce volet, les régimes obligatoires sont souvent plus généreux qu’on ne le croit, ce qui permet de calibrer sans surassurer.

Attention à la définition de l’invalidité

Deux contrats au même prix peuvent retenir des définitions opposées. L’un indemnise dès que vous ne pouvez plus exercer votre spécialité, l’autre attend que vous soyez inapte à toute activité professionnelle. Pour un praticien manuel, cette seule ligne change tout. Faites-la vérifier avant de signer.

Deux associés d'un cabinet médical examinant leur contrat de prévoyance

Votre contrat actuel couvre-t-il votre métier, ou seulement votre incapacité totale ?

Envoyez-nous vos conditions générales. Nous relisons la définition de l’invalidité, la franchise et les exclusions, ligne à ligne et sans frais.

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Exercer à plusieurs : garanties croisées et frais généraux

Dès que vous exercez en SCM, en SEL, en SCI ou en SPFPL, le risque change de nature. Ce n’est plus seulement votre revenu qui est exposé, c’est l’équilibre de la structure et le patrimoine de vos associés.

Deux mécanismes répondent à ce risque. Les garanties croisées entre associés financent le rachat des parts d’un associé décédé ou devenu invalide, sans que les survivants aient à s’endetter ni à composer avec des héritiers devenus associés malgré eux. La garantie frais généraux, elle, verse directement dans la structure de quoi absorber les charges fixes pendant l’arrêt d’un praticien.

Le conseil de Monsieur Courtier

Faites chiffrer les garanties croisées au moment de la rédaction ou de la révision de vos statuts, pas après. Le montant à assurer découle directement de la valorisation des parts, et une clause de rachat sans financement en face n’a jamais protégé personne. Nous traitons ce point avec les cabinets de groupe que nous accompagnons à Rennes et en Ille-et-Vilaine, en lien avec la prévoyance individuelle de chaque associé.

Cas pratique

La situation. Trois kinésithérapeutes associés en SCM près de Rennes. Loyer, secrétariat et crédit du plateau technique représentent 4 200 € de charges fixes mensuelles.

L’arrêt. L’un d’eux se rompt le tendon d’Achille. Sept mois sans exercer. La CARPIMKO verse 55,44 € par jour à partir du 91e, soit environ 1 663 € par mois pour lui seul.

Le dénouement. Sa part de charges fixes, elle, continue de courir. Sans garantie frais généraux, ce sont ses deux associés qui l’avancent pendant sept mois. Avec, la structure encaisse le montant assuré et personne ne pioche dans sa trésorerie personnelle.

La complémentaire santé du praticien et de son cabinet

La complémentaire santé répond à une logique différente de la prévoyance : elle rembourse des soins, elle ne remplace pas un revenu. Pour un professionnel de santé libéral, deux sujets se posent en même temps, et ils sont souvent traités séparément à tort.

Votre propre contrat d’abord. Les postes qui pèsent sont l’optique, le dentaire et surtout l’hospitalisation avec dépassements d’honoraires, un poste où vos confrères de secteur 2 pratiquent des tarifs que le contrat responsable ne couvre que partiellement. La méthode de comparaison est la même que pour tout indépendant, et nous la détaillons dans notre guide de la meilleure mutuelle TNS.

Celui de votre équipe ensuite. Dès la première embauche, secrétaire médicale, assistante dentaire ou préparateur, la complémentaire santé collective devient obligatoire. Vous financez au minimum la moitié de la cotisation. Le contrat doit respecter le panier de soins minimal et le cahier des charges du contrat responsable.

Besoin Nature du contrat Qui est couvert Déductibilité
Maintien de revenus en cas d’arrêt Prévoyance individuelle Le praticien Loi Madelin
Charges fixes du cabinet Garantie frais généraux La structure Charge d’exploitation
Rachat des parts d’un associé Garanties croisées Les associés Selon le montage
Remboursement des soins Complémentaire santé individuelle Le praticien et sa famille Loi Madelin
Soins des salariés Complémentaire santé collective L’équipe du cabinet Charge d’exploitation

Source : synthèse Monsieur Courtier des régimes applicables aux professions libérales de santé, 2026.

Ce qui sépare vraiment deux contrats de prévoyance

Le tarif est le dernier critère à regarder, pas le premier. Quatre lignes font l’écart entre un contrat qui vous protège et un contrat qui vous laissera seul le jour venu.

La franchise d’abord : 15, 30, 60 ou 90 jours. Elle détermine à partir de quand l’assureur verse, et son impact sur la cotisation est considérable. La définition de l’invalidité ensuite, déjà évoquée. Le mode d’indemnisation ensuite : forfaitaire, donc connu d’avance, ou indemnitaire, donc recalculé sur votre perte réelle au moment du sinistre.

Les exclusions enfin. Affections du dos, troubles psychiques, sports à risque : ce sont les trois motifs qui reviennent le plus souvent. Pour un praticien manuel, une exclusion des affections dorsales vide le contrat d’une partie de son intérêt. Ces exclusions se négocient, parfois moyennant une surprime modeste, souvent au prix d’un simple questionnaire médical mieux renseigné.

« Les allocations journalières sont versées à partir du 91e jour qui suit l’arrêt total de travail. »

Règlement du régime invalidité-décès, CARMF, 2026.

« Ce sont les Caisses primaires d’assurance maladie qui assurent le service de ces indemnités journalières en cas de maladie : la CAVP n’intervient aucunement dans cette gestion. »

Rubrique santé des affiliés, CAVP, 2026.

Notre accompagnement des professions de santé

Cabinet de courtage indépendant installé à La Mézière, en métropole rennaise, nous travaillons la protection sociale des professionnels de santé libéraux comme une spécialité, pas comme une ligne de catalogue.

  • Calcul de l’écart réel entre vos revenus et ce que verse votre caisse
  • Relecture des exclusions et de la définition de l’invalidité, contrat en main
  • Montage des garanties croisées et des frais généraux en cabinet de groupe
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Protection sociale des professionnels de santé libéraux : questions fréquentes

La prévoyance est-elle obligatoire pour un professionnel de santé libéral ?

Non. Seule l’affiliation à votre caisse l’est. La prévoyance complémentaire reste facultative, ce qui explique que beaucoup de praticiens découvrent le montant réel de leurs indemnités le jour de leur premier arrêt long.

Combien coûte une prévoyance pour un libéral de santé ?

La cotisation dépend de l’âge, du revenu à garantir, de la franchise choisie et des garanties retenues. Deux contrats affichant le même prix peuvent couvrir des risques très différents, la comparaison ne se fait donc jamais sur la seule cotisation.

Mes cotisations sont-elles déductibles ?

Oui, dans le cadre de la loi Madelin, pour un praticien imposé aux BNC et à jour de ses cotisations obligatoires. La déduction s’applique dans une limite calculée sur votre bénéfice imposable et le plafond annuel de la Sécurité sociale.

Que se passe-t-il pendant les 90 premiers jours d’arrêt ?

L’Assurance Maladie verse une indemnité journalière du 4e au 90e jour, égale à la moitié de vos revenus moyens des trois dernières années, plafonnée à 197,51 € par jour en 2026. Votre caisse professionnelle, elle, n’intervient pas encore.

Un remplaçant ou un jeune installé peut-il souscrire ?

Oui, et c’est même la période la plus favorable. La cotisation dépend de l’âge à la souscription et votre état de santé est en général meilleur, ce qui limite les exclusions et les surprimes inscrites au contrat.

Quelle différence entre prévoyance et complémentaire santé ?

La prévoyance remplace un revenu perdu en cas d’arrêt, d’invalidité ou de décès. La complémentaire santé rembourse des frais de soins. Les deux sont utiles, elles ne se substituent jamais l’une à l’autre.

Intervenez-vous en dehors de Rennes ?

Oui. Le cabinet est installé à La Mézière, à dix minutes de Rennes, et reçoit sur rendez-vous. Les études se traitent aussi par visioconférence et signature électronique, partout en Bretagne et au-delà.

Thomas Deguilhaume, courtier en protection sociale des professionnels de santé à Rennes

Thomas Deguilhaume

Courtier en assurances de personnes : mutuelle, prévoyance et protection sociale

Courtier associé du cabinet Monsieur Courtier à Rennes, Thomas suit la protection sociale des professions libérales de santé : prévoyance, complémentaire santé, garanties croisées entre associés et arbitrages Madelin. Approche multi-compagnies et indépendante, cabinet inscrit à l’ORIAS sous le n° 24005258, sous le contrôle de l’ACPR.

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